24.02.2021

Macky Sall/Tidjane Thiam : comment trouver largent de lmergence africaine

Allger, voire annuler la dette, comme le prconise le prsident sngalais, ou canaliser les capitaux vers les entreprises du continent, une solution privilgie par l´ancien responsable franco-ivoirien du Crdit Suisse ? Le dbat sur la relance est ouvert.

"Nous devons rduire notre dette", rpète le prsident sngalais Macky Sall, "nous devons nous concentrer sur la mobilisation interne des entreprises africaines", rpond Tidjane Thiam, un financier international. "Nous devons mobiliser les recettes intrieures", ajoute Abebe Aemro Slassi, directeur Afrique du Fonds montaire international (FMI).

Cette polyphonie financière a t clairement entendue lors du 20e Forum conomique international pour l´Afrique, co-organis le 22 fvrier par le Centre de dveloppement de l´OCDE, l´Union africaine et le Sngal, afin de trouver des moyens d´investir "pour une reprise durable en Afrique".
Ces trois rponses - certaines contradictoires, d´autres complmentaires - visent à trouver l´argent qui manque dsesprment pour faire face simultanment à la crise sanitaire et à la crise conomique majeure provoque par le coronavirus sur le continent. Elles sont issues de la quinzaine d´interventions qui ont mobilis quelque 600 spectateurs vido enthousiastes.

Le moratoire et les droits de tirage spciaux pour Macky Sall sont insuffisants
Avec Macky Sall, c´est la grande artillerie. En raison de leurs efforts pour combattre l´pidmie tout en protgeant le niveau de vie de leurs populations, les gouvernements africains n´ont plus les moyens de relancer la machine conomique de leurs pays en s´appuyant sur le numrique, l´nergie ou le tourisme, dplore-t-il.

La suspension de la dette dcide par le G20 jusqu´en juin 2021 ou même la fin de 2021 ? Quelques milliards de dollars ou d´euros. La cration de droits de tirage spciaux (DTS) par le FMI ? 18 milliards de dollars pour l´Afrique subsaharienne, ce qui n´est guère plus significatif.
Il reste donc une dette africaine de 365 milliards de dollars. Un fardeau colossal, mais à peine 2% de la dette mondiale, selon le prsident sngalais. "Nos pays plaident pour un allgement cohrent de la dette", conclut-il.

Tidjane Thiam pour "champions nationaux".
Contrairement à Macky Sall, Tidjane Thiam et Abebe Aemro Slassi ne pensent pas que les milliards ncessaires dpendent uniquement de la bonne volont internationale.

Tidjane Thiam, ancien directeur de Prudential et du Crdit Suisse, aujourd´hui fondateur d´un fonds d´investissement, insiste sur la ncessit d´un service volontaire africain. Attirer des capitaux trangers, sans lesquels l´Afrique restera en dehors des chaînes de valeur, exige qu´elle se mobilise pour ses entreprises.

Abebe Slassi conseille d´augmenter les impôts et de rduire les subventions.
Abebe Aemro Slassi exprime la même exigence - aidez-vous et le ciel vous aidera - lorsqu´il insiste sur la ncessit de "mobiliser beaucoup plus de revenus nationaux qu´avant la crise". En bref, cela signifie qu´il faut augmenter les impôts de manière quitable et aussi liminer les subventions qui grèvent les budgets et profitent surtout aux plus riches.

La mobilisation "signifie galement dvelopper l´pargne de la classe moyenne mergente d´Afrique et la persuader d´investir dans des projets futurs pour complter les investissements publics qui sont de plus en plus entravs par le manque de fonds.

Mais accepter la fiscalit, tout comme mobiliser l´pargne nationale, suppose aussi des vertus telles que la bonne gouvernance et la transparence, seules capables d´inspirer la confiance, sans lesquelles les milliards indispensables à l´mergence ne seront pas disponibles.


Plus dinfos : https://www.jeuneafrique.com/1126696/economie/macky-sall-tidjane-thiam-comment-trouver-largent-de-lemergence-africaine/



Source : Jeune Afrique


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